Origine de l'arc 

L'histoire de l'arc, c'est l'histoire même du monde. Arc et flèche trouvent leur origine dans des temps très anciens et l'invention du tir à l'arc n'est pas l'apanage d'un seul peuple. Il est normal que son évolution ait suivi des voies  différentes et plus particulièrement dans la symbolique attribuée à l'arc.

Environ six siècles avant notre ère, l'image du premier empereur du Japon, Jinmu Tenno, portant l'arc dans sa main est probablement la première représentation symbolique utilisée par le peuple japonais. C'est au douzième siècle, à partir de la guerre de Zenkunen, que l'arc commence à se personnifier. Après avoir employé l'arc victorieusement dans les batailles de Zenkunen et Gosannen, le samouraï Minamoto no Yoshié a offert son arc à l'empereur Shiragawa qui était très malade. L'arc représenta alors le symbole du succès dans la guerre. 

   Depuis cette époque, avec la naissance de cette idée issue de l'éthique du samouraï, l'arc se pare de vertu. Ainsi l'arc et la flèche sont personnifiés.
   Pour le Japon, la particularité majeure tient dans la forme de l'arc. Une de ses caractéristiques le rend presque unique en son genre : c'est un arc asymétrique.
   L'incommodité engendrée par cette forme a été compensée par un gestuel étudié; l'inconvénient, incontournable sur le plan du symbole, est devenu qualité. C'est probablement le plus grand arc que l'on puisse trouver dans le monde. C'est sans doute aussi le plus beau. Le dessin de ses courbes, associé au gestuel utilisé confère au tir un caractère particulièrement harmonieux.

   Par la suite, directement lié à la technique employée pour le tir, se greffe le principe, la longueur de la flèche doit être adaptée à la stature de chaque tireur. De même,
la puissance de l'arc est choisie en fonction des possibilités physiques de l'archer.
   Depuis l'origine, les matières utilisées pour la fabrication des arcs sont le bois et le bambou. Les flèches sont en bambou. La découverte d'armes anciennes correctement conservées est donc excessivement rare, tout au plus peut-on retrouver des embouts.

   Encore aujourd'hui, les artisans fabriquent des arcs de façon traditionnelle avec un assemblage de bois précieux et de bambou. Ils tiennent ce savoir-faire de leurs ancêtres. Depuis une trentaine d'années, le nombre de pratiquants croissant de manière importante, les artisans ont été amenés à fabriquer des arcs en fibre de verre, puis dans des matières synthétiques modernes, moins coûteuses et plus rapides à mettre en œuvre. L'utilisation de ces arcs, beaucoup moins fragiles, est d'ailleurs recommandée aux jeunes et aux débutants.

Le Kyudo


La Pratique et son évolution

     Le Kyudo, tir à l'arc japonais, a acquis son expérience et trouvé son évolution dans la voie du Bushido, suivant l'éthique du samouraï. Il est logique que le Kyudo d'aujourd'hui n'ait plus les mêmes buts que l'arc des champs de bataille. Il n'a pas non plus les mêmes raisons d'être que pour les samouraïs de l'époque Edo. Une démocratisation s'est opérée après la seconde guerre mondiale.

     Le Kyudo devenant un loisir, une organisation s'est mise en place et une fédération a été créée. Ses objectifs ont été, entre autres tâches, de codifier les techniques du tir en harmonisant, sans détruire leurs spécificités, les pratiques utilisées par différentes écoles.

     Au fil des années, la technique et l'ouvrage continuent à évoluer. Toutefois, il faut savoir que la forme générale du tir a peu changé; l'arc, le gant sont les mêmes qu'autrefois. Il en est de même pour l'aménagement des lieux de tirs, appelés Dojo; les principes de construction sont semblables, même si les matériaux modernes remplacent le bois dans la construction des murs et des toitures. La pratique du Kyudo, certes, s'est démocratisée, mais il ne faut pas oublier qu'elle est chargée d'histoire.

     Si le Kyudo a sa raison d'être, aujourd'hui et dans le futur, par son caractère ludique et sportif, il ne faut pas négliger le fait qu'il apporte aussi une hygiène de vie.
Le travail de la technique et la concentration qu'elle suscite, procurent indéniablement des bienfaits physiques et physiologiques. On tirera aussi un grand profit des règles du Kyudo, éthique et étiquette qui ne sont que la mise en application d'un certain savoir-vivre basé sur le respect des autres et par conséquent de soi-même.


On dit que le Kyudo forge une personne humaine, forte et vraie.

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